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24.04.2008
Observation
Voilà longtemps que je n'écris pas sur mon blog. Je romps le silence ce soir. Comme je l'écrivais dans mon billet du 10 avril, j'ai décidé d'observer.
Je suis allé, hier soir, à une réunion organisée au sein de ma fédération par quelques-uns, pour présenter de vive voix les motivations de mon retrait (non de mon départ).
Elles sont nombreuses et je m'en suis expliqué dans mon mail du 1er avril et ma note du 10 avril. La première motivation de mon départ, et peut être la seule en fait, c'est l'appétit de toutes ces personnes que je côtoie depuis près d'un an (ou un peu moins pour certaines d'entre elles), à la course aux postes et dont l'ambition et les intérêts personnels passent avant le projet de société, donc l'intérêt du mouvement, ou qui grenouillent comme du temps de la politique de papa.
Beaucoup autour de la table ont dû ne pas se sentir visés, ou plutôt considérer qu'ils n'étaient pas concernés, et que je parlais de ceux qui n'étaient pas là. Et pourtant il y en avait au moins 5 ou 6. Si j'ajoute ceux qui n'étaient pas là on arrive à plusieurs dizaines pour un département affichant environ 1400 adhérents lors des élections au CN, mais dont je dois en connaître de vue ou de nom peut être 250 ou 300. Cela fait une proportion assez considérable, et évidemment parmi les plus actifs, ou plutôt ceux que l'on voit le plus.
J'ai décidé de continuer de me battre pour le projet que nous avons défendu pendant la campagne présidentielle, et ce projet il va falloir le retravailler car la conjoncture et les mesures prises par notre Président, n'ont fait qu'empirer la situation. De me battre, oui, mais pas avec des personnes qui cherchent d'abord un poste, pour lesquelles les beaux discours sont l'essentiel. Au lieu de se fédérer, d'avancer tous ensemble dans le même sens, ils préférent se bouffer entre eux. Entre ceux qui restent nostalgiques d'un centre très droit (de ceux là il n'y en avait pas hier soir), et ceux qui ont vu le MoDem comme un moyen de gagner du temps pour arriver à leur fin (l'élection, et une fois élu ils ne pensent qu'au mandat "supérieur" ), de ceux qui reprochent aux autres leur parcours politique et dont ils sont suspicieux, je n'ai pas ma place. Ce n'est pas ainsi que veux faire de la politique autrement.
Donc je vais reprendre mes réflexions, sur ce blog, au sein de groupes de réflexion du MoDem, mais en dehors du niveau local. C'est à dire en dehors de ma ville et de ma fédération.
Si le mouvement départemental de Seine Saint-Denis devait évoluer pour devenir un mouvement cohérent, où le respect règnerait, où une harmonie serait trouvée pour travailler ensemble efficacement, alors je me réimpliquerai localement.
Je reprends mon bâton de pélerin, mais j'emprunte un autre chemin.
23:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, démission, rester, implication
10.04.2008
1 an déjà, dois-je fermer ce blog ou continuer ?
Cela fera un an demain, jour pour jour (sans jeu de blog, les aficionados comprendront), que j'ai créé ce blog. Je l'ai fait pour exprimer mon opinion et soutenir François Bayrou pendant la campagne présidentielle. Ce fût très court me direz vous à 11 jours du premier tour. Oui, cela n'a certainement pas participé au score de François Bayrou. C'est après que mon blog s'est développé. Oh, il n'a jamais été très fréquenté... 22 492 visites au 9 avril 2008 (soit en moyenne un peu plus de 61 personnes par jour), les copains finalement...
Il m'a permis de faire des rencontres au sein du MoDem (ou plutôt ce mouvement qui ne s'appelait pas encore MoDem). Il m'a permis de crier haut et fort mes convictions, mes aspirations pour le mouvement et la société, notamment d'y publier mes projets de chartes et statuts.
Après, tout c'est enchaîné. J'ai dû gérer d'autres blogs, sites, pour essayer de faire valoir au sein du mouvement les aspirations de nombreux adhérents, qui souhaitaient rassembler : au sein des adhérents actifs, des démocrates en mouvement de citoyens démocrates, pour la campagne municipale, etc...
J'ai décidé de prendre du recul. Je l'ai annoncé dans un mail, le 1er avril, adressé à ceux avec qui j'avais travaillé ou que j'avais croisés au sein du Mouvement. Je n'avais pas choisi la date, c'est un concours de circonstance, et certains ont cru à un poisson.
J'ai reçu beaucoup de témoignages de sympathie par courriel ou téléphone, de personnes qui me comprenaient et n'ont pas cherché à me dissuader. Je les en remercie. J'en ai reçu d'autres, tout aussi sympathiques, qui m'exhortaient à continuer le combat. Si j'ai été touché par la sympathie de ces messages et de ces conversations, je dois avouer que je suis resté de marbre face aux arguments qui étaient avancés.
Dans mon courriel j'insistais sur un certain nombre de dysfonctionnements, et notamment sur la gouvernance nationale. Mais s'il n'y avait eu que cela, je ne me serais pas mis en retrait. C'est bien parce que j'ai constaté chez des adhérents de bases, des comportements très politiciens de personnes qui avaient un discours collant à nos principes, mais des actes opposés que j'ai désarmé. Parce que comment faire bouger les choses et les habitudes chez nos dirigeants, comment les aider, si la base n'est pas forte, rassemblée et tire dans le même sens : celui de l'intérêt général du mouvement et de la société ? Alors que certains ne sont là que pour retirer les très maigres "honneurs" d'être élus, responsable d'une ville, d'une fédération etc... ? Toute une accumulation d'exemples de ce type m'ont éloigné du Mouvement, surtout venant de personnes que j'appréciais et que je continue d'apprécier, mais dont le comportement m'a déçu. Alors j'essaie d'en faire abstraction, et de séparer la politique de mes amitiés, comme j'essaie de l'exclure de toutes mes autres activités (professionnelles, et autres).
Voici plus de trois semaines, j'avais préparé deux chèques, avec chacun une lettre, pour m'acquitter de mes cotisations 2008 à l'UDF et au MoDem. Faute de timbres sous la main, je les ai glissés dans ma sacoche que je prends tous les jours pour aller travailler. Et puis on oublie de passer à la poste ou chez un buraliste. La lassitude s'installe, je décide alors de me retirer. Ces deux lettres et les chèques sont toujours dans ma sacoche.
On ne passe pas un an et demi, de manière active, à défendre ses valeurs. On ne dépense pas autant d'énergie, comme je l'ai fait, en interne, pendant les présidentielles, pendant les municipales, sans avoir quelques regrets et se dire "tout ça pour ça" ! Et pourtant, quel capharnaüm ce parti ! Une majorité de ses adhérents sont des personnes de valeurs, et qui croient en ce qu'ils font. Mais l'écoute (et là je ne parle pas des instances, mais des adhérents entre eux), n'y est pas suffisamment développée. Certains montent des courants, même s'ils s'en défendent sincèrement, mais c'est pourtant ce qu'ils font. Et là je rejoins François Bayrou, les courants c'est la sclérose d'un parti. Ce mouvement est jeune, les courants le tueraient.
Alors pourquoi ce message ce soir ?
Quelques raisons me poussent à intervenir. Depuis l'annonce privée (même si j'ai arrosé "le monde entier" avec mon mail), de mon retrait, j'observe. C'est un peu comme dans un divorce, il y a un stade de doute...
Premier élément : le départ de Jean Arthuis. Economiste qui a quelque fois de très bonnes idées, mais qui depuis le Conseil National du 10 mai (où il est resté en retrait), critique et reste nostalgique. De ce que j'ai observé, il n'a pas fait grand chose pour comprendre ce qui s'était formé à l'occasion de la campagne présidentielle. Il reste dans un vieux schéma. Alors je ne voudrais pas que le fait qu'il annonce son départ deux ou trois jours après mon retrait, m'assimile à sa position.
Deuxième élément : l'article de Corine Lepage sur son blog, concernant son analyse de la gouvernance du MoDem
Troisième élément : la "fuite" parue dans Le Monde sur les intentions de Nicolas Sarkozy au sujet du MoDem et de François Bayrou.
Bon, ce dernier élément n'est pas nouveau. Il ne sert à rien de crier aux loups. Il serait intéressant de savoir pourquoi cet article est paru. Peut-être allons-nous découvrir que Le Monde ne retranscrit pas la réalité comme pour les mots de Nathalie Kosciusko-Morizet ? Que je salue au passage et que je soutiens.
Cet élément n'est pas nouveau, mais il est un fait. De lire tout cela me donne à réfléchir. Avoir dépensé tant d'énergie et laisser tomber, laisser l'UMP et le PS disloquer ce mouvement qui a porté tant d'espoirs.
Oui mais, si c'est pour continuer de voir des adhérents se battre entre eux (souvent à fleuret moucheté, mais aussi s'écrire des noms d'oiseaux sur les forums), alors je continue ma retraite et préfère m'investir autrement.
Ce soir je m'interroge. Certains, qui m'ont prêté des intentions (qui n'étaient pas les miennes), et je ne leur en veux pas ils me voient avec leur prisme, vont dire que je joue ma Diva...
Je m'interroge sur mon engagement au sein du Mouvement Démocrate. Dois-je redevenir actif ou rendre mes cartes (et oui je n'ai toujours pas de timbres donc je ne les ai pas encore renvoyées) ?
Ce soir je n'ai pas la réponse. Mais je doute (c'est déjà pas mal, cela me permet de penser).
Un jour, François Bayrou a fait une analogie entre le MoDem et un navire. Les adhérents étant les marins. Un marin ça ne quitte pas le navire, ce n'est pas un passager. C'est vrai. A moins qu'il ne se mutine. Ce n'est pas mon genre, la violence me révulse et je suis plutôt légaliste tant que des enjeux démocrates et vitaux ne sont pas en cause.
Mais un marin peut tomber à la mer (c'est très inquiétant dans mon cas car je ne sais pas nager). Même sachant nager, un marin qui tombe à la mer (surtout sur un paquebot), dispose d'une espérance de vie très courte selon la mer où il tombe, à peine quelques heures.
Je suis un marin. Mais suis-je tombé à la mer ? Suis-je accroché au bastinguage ? Combien de temps pourrais-je tenir ?
J'observe. J'observe mais je crie. En fonction de l'évolution du mouvement je pourrais revenir ou me retirer définitivement de la politique.
Vous me rétorquerez : "c'est facile, tu ne prends pas de risques" !
Oui, vous avez certainement raison. Mais je ne resterai pas sans voix et sans idées. Sur ce blog, ou sur un nouveau, je n'ai pas encore décidé, j'apporterai ma contribution "en mode retrait". Le recul a quelque fois du bon.
Si je devais revenir, c'est qu'alors, les valeurs fondamentales qui nous ont amenés ici seraient respectées et que le Mouvement Démocrate serait vraiment un mouvement unitaire pour promouvoir la démocratie, le développement durable, une économie efficace et solidaire, et une Europe fédérale.
Bien amicalement,
Michel Hinard
23:31 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note







