24.08.2009

Pourquoi j'approuve l'initiative du MoDem d'avoir participer aux journées Marseillaises de Vincent Peillon

Enfin en vacances... ou presque puisque ce matin je suis allé travailler, mais c'est parce que je le voulais bien. Il me reste quelques dossiers à boucler et je vais m'y attacher dans les deux prochains jours, de façon à reprendre le travail, mi-septembre, de manière sereine.

Enfin les vacances, je vais pouvoir me consacrer à écrire des articles politiques sur ce blog, où je m'adonne depuis le début de l'été à des articles musicaux, mais pas toujours dénués de sous-entendus politiques. Rassurez-vous je vais continuer les articles musicaux, voire sur les humoristes, Fanal Safran m'en a donné l'envie. Et comme sur la musique nous nous répondons par articles depuis le début de l'été, je vais aussi attaquer le sujet de l'humour !

J'ai rédigé hier après-midi, dimanche ensoleillé où j'ai pu retrouver ma fille et mon petit-fils (ils vont bien), un article sur le développement durable. Il sera publié, non pas sur mon blog, mais sur celui de Générations Engagées auquel je participe (trop peu).

Je tiens à revenir sur ce qui agite le microcosme politico-médiatique depuis samedi. C'est à dire la participation du MoDem aux journées organisées par Vincent Peillon (PS), dont le thème était "l'espoir à gauche".


Marielle de Sarnez a participé à la table ronde dont le thème était "une nouvelle majorité progressiste pour la France : Comment et avec qui ?", thème qui déjà va au delà de la seule gauche. Nous ne pouvons nier que le MoDem soit une force progressiste, et je pense qu'il en est de même pour les Radicaux Valoisiens, et autres groupuscules centristes.

Ce qui différencie le MoDem des ces satellites liés à la majorité UMP, c'est que le MoDem ne cautionne pas le programme de Nicolas Sarkozy et que ses députés se sont abstenus ou ont voté contre les projets de loi allant à l'encontre du progrès humaniste. Bouclier fiscal, loi Hadopi, par exemples, mais ce ne sont pas les seuls.

Ce qui différencie le MoDem du PRG ou d'Europe-écologie, c'est qu'il n'est pas un satellite du PS, et ne se réclame pas de la gauche, mais de l'Humanisme. Ces deux mouvements ayant pris leurs distances d'avec le PS en décomposition.

C'est avec ces données en tête qu'il faut analyser l'intervention de Marielle de Sarnez, et de Jean-Luc Benhammias, aux journées organisées par Vincent Peillon. Pour bien situer les choses, il faut replacer dans son contexte les évènements qui ont amené à la création du Mouvement Démocrate et àn son positionnement.

Il y a d'abord l'épisode de 2002, où Jacques Chirac son Premier Ministre, Jean-Pierre Raffarin, et son dauphin Alain Juppé, ont utilisé l'élection présidentielle, accident du parcours démocratique donnant près de 82% des voix au candidat élu, et ont profité pour faire main basse sur le centre. Centre d'ailleurs composite puisque composé de démocrates-sociaux (ex-CDS), de libéraux économiques (Raffarin, Madelin, Gaudin,) qui n'ont rien à voir avec l'esprit libéral tel qu'il fût défini au siècle des Lumières (car le libéralisme n'est pas seulement économique).

Si Jacques Chirac et Alain Juppé étaient déjà éloignés du gaullisme, plus pompidoliens que gaullistes, ils n'osaient franchir certaines barrières, par conviction ou par peur. Si Jacques Chirac fût inexistant dans son second mandat (comme il fut inexistant dans le premier septennat pour cause de dissolution), nous ne pouvons que constater et approuver son rôle au niveau international et sa ténacité à promouvoir une autre voie (et une autre voix), face au colonialisme-mondialisateur des équipes de Mr Busch. Nous ne pourrons jamais retirer à Jacques Chirac ce combat, aidé en cela par Gerhard Schroëder.

Donc dès 2002, l'UDF d'alors prenait ses distances face à un pouvoir qui, économiquement, n'allait pas dans un sens humaniste. Et nombre de députés qui ont rejoint et créé le Nouveau Centre, ont voté la censure du gouvernement Villepin en 2006. Mais la conservation de son siège est certainement plus forte que celle de la défense de ses convictions. C'est ce qui différencie les termes "humain" et "Humaniste".

Congrès de Lyon de l'UDF en janvier 2006. L'indépendance vis à vis de l'UMP est proclamée ! Université d'été de l'UDF en 2006, Michel Rocard, Nicolas Hulot y sont applaudis ! Les 6 E sont définis : Environnement, Enseignement, Europe, Entreprise (business act), Exclusion (lutte contre), Equilibre des finances publiques.

Ce sera le leitmotiv du programme de François Bayrou aux présidentielles de 2007 et le socle du programme législatif de l'UDF, adopté en Conseil national le 12 décembre 2006 pour les législatives de 2007.

Entre temps aura lieu le formidable élan des Français pour la candidature de François Bayrou aux présidentielles. Arrivé troisième, il n'était plus dans la course. Mais il a eu raison de dire "Je sais pour qui je ne voterai pas !" C'était l'aboutissement de toute ces réflexions menées depuis 2002 et avant.

Dans le programme de Mr Sarkozy il y avait trop de choses qui allaient à l'encontre d'un projet humaniste. Et nous assistons depuis un peu plus de deux ans, à la mise en place (et en pièces), de mesures favorisant des clans, piétinant des acquis de la République, et j'oserai écrire de la culture française, au delà de la seule République. Mr Sarkozy met en place un pouvoir personnel, pour quelques privilégiés, pour une caste et se moque des citoyens.

Alors entre une politique sarkozyste, conservatrice et soutenue par des députés godillots (se réclamant de l'UMP, c'est logique, du Centre et ne pensant qu'à conserver leur siège), le projet Humaniste du Mouvement Démocrate ne peut trouver d'écho sur sa droite (à l'exception de quelques vrais gaullistes, mais avec lesquels la politique européenne est source de divergences). Des forces humanistes, il en existe à gauche, mais elles ne sont pas réunies en une seule composante. Les dissensions du PS nous le prouvent, celles des Verts et de la mouvance écolo-alter mondialiste (atténuées par leur succès aux européennes), aussi.

Ce cadre étant rappelé, il me semble que Marielle de Sarnez a eu raison de participer à ces débats. Marielle n'a fait que rappeler ce que notre Mouvement essaie de promouvoir fortement depuis 2006, plus "softement" depuis 2002. Ce sont sur ces valeurs que 18,57% des Français ont voté pour François Bayrou le 21 avril 2007. Ce sont sur ces valeurs que nous étions 60000 à adhérer après le second tour des présidentielles de 2007. C'est sur ces valeurs que François Bayrou a déclaré entre les deux tours des présidentielles, "je sais pour qui je ne voterai pas".

Et c'est pour cela que je crois que le Mouvement Démocrate est incontournable et doit devenir la locomotive d'une rénovation de la politique en France, plus juste, plus humaine mais ne cédant pas aux chimères d'un autre temps, d'autres méthodes...

Ce n'est pas devant la gauche que Marielle est intervenue, samedi, mais devant des citoyens qui s'interrogent pour offrir à notre pays, à l'Europe et au Monde, les moyens de vivre dignement et justement. La justice, la solidarité, l'équilibre, l'environnement, l'équité, l'égalité et la fraternité ne sont pas des valeurs de gauche. Elles sont des valeurs humaines, elles sont des valeurs de notre République, quel que soit le numéro qu'elle porte !

En conclusion, Marielle et Jean-Luc ont eu raison de participer à ce débat. Et ce ne sont pas les sarcasmes de Mr Montebourg (qui en 2002 disait en off du bien de François Bayrou), qui changeront quoi que ce soit.  Le MoDem n'est ni de gauche, ni de droite, pas même du centre. Il est avant tout Démocrate et Humaniste !

Quand, dans ce pays, comprendrons-nous qu'il faut faire travailler les Femmes et les Hommes, soucieux d'humanisme, ensemble pour le bien de tous ?

J'ai beaucoup d'estime pour le travail de Martin Hirsh ou de Nathalie Kosciusko-Morizet, ou bien pour celui d'un Jacques Delors ou d'un Michel Rocard. J'ai de l'espoir en Vincent Peillon ou Arnaud Montebourg, mais je suis certain que Jean-Louis Borloo, François Rebsammem, François Baroin, Corinne Lepage, Jean-Luc Benhammias, Yann Werling, Marielle, Robert Rochefort, Sylvie Goulard, Eva Joly, Jean-François Kahn, et tant d'autres (radicaux de gauche, radicaux valoisiens, centristes, écologistes, socialistes et gaullistes), peuvent travailler ensemble pour le bien commun, pour l'intérêt national, européen et universel...

C'est ce qu'a dessiné François Bayrou lors de la campagne pour l'élection présidentielle de 2007. Il n'a pas été suffisament entendu. La solution me paraît être là....

Sans vouloir paraitre présomptueux, nous sommes dans une phase similaire à celle induite par la seconde guerre mondiale. Nous nous devons de rassembler, mais pas pour privilégier quelques-uns. Chacun doit faire des efforts, mais à hauteur de sa condition. C'est la République que nous devons rassembler et refonder. De Gaulle a su rassembler à la fin de la guerre pour reconstruire. Il fût vite évincé quand cela allait un peu mieux, les jeux politiciens de pouvoirs reprenant le dessus, la nature est ce qu'elle est... Nous avons besoin d'un même élan, aujourd'hui , de rassemblement, mais dans une optique de respect de notre devise : Liberté - Egalité - Fraternité. Ce n'est pas sur ce chemin que nous emmène notre Président et ses conseillers. Les ministres n'ayant pas leur mot à dire... Alors c'est avec les personnes prônant le progrès, la justice, la solidarité, l'équité que nous pourrons changer les choses, changer le monde.

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Commentaires

Nous sommes les héritiers du MRP, il n'y a rien d'absurde à parler avec les héritiers de la SFIO et ceux du PCF. Nous avons gouverné la France ensemble aux lendemains de la guerre et ça a été pour la France une période d'avancées fabuleuses.

Il n'y a qu'à lire le manifeste du MRP pour y reconnaître notre propre combat : une Révolution par la loi, qui permette avant tout une élévation morale et spirituelle de l'ensemble des hommes ; une volonté de faire de la démocratie politique et sociale une pleine réalité ; la libération de l'État des puissances d'argent, par la nationalisation sans étatisation des entreprises stratégiques, des monopoles privés et du crédit ; la participation des syndicats à la direction de l'économie et des entreprises ; la mutualisation du travail agricole au sein de vastes coopératives solidaires.

Quand la République réunit à sa tête le christianisme social et la gauche laïque, elle peut faire de grandes choses. Finalement, n'est-ce pas autre chose que la grandiose Fédération nationale de 1790, celle que nous fêtons chaque 14 juillet et dont notre drapeau est l'emblème ? Attention simplement de ne pas éclipser les valeurs de l'un des deux dans la réalisation de l'alliance de la Rose et du Réséda...

Ecrit par : KPM | 25.08.2009

N'étant plus membre du Mouvement depuis 2009, je n'ai pas à approuver ou non l'intervention de Marielle De Sarnez à Marseille à l'invitation de Vincent Peillon...

Ce qui me choque c'est la prise de décision d'y aller, alors que les adhérents n'ont pas été consultés (j'ai encore de nombreux amis adhérents), alors que les Conseillers Nationaux n'ont pas été sollicités...On se demande :c'est quoi le MoDem ? ça fonctionne comment ? Qui décide quoi ? A quoi ont servi les réunions sur la stratégie à adopter ?

Ce qui me choque...c'est l'image que l'on donne aux Français à travers les médias...
Le Modem : Cap à Gauche ???
Depuis les municipales Aixoises où FX De Peretti (soutenu par JL Bennahmias) a fait alliance avec le PS Medvedowshy (PS en tête de liste), on est en droit de se poser des questions...

Donc, répondre à l'invitation pour un futur rassemblement sous la bannière "L'ESPOIR A GAUCHE", ça me choque également, même si le discours n'a pas changé, l'image que l'on donne aux Français c'est : BATTRE SARKOZY et tous les moyens sont bons pour y parvenir, y compris oublier que l'on a voulu construire un Mouvement ni de Droite, ni de Gauche , ni du Centre...

Ceci dit, j'aime bien votre blog et si vous permettez, je mets son lien dans mon blog...avec d'autres blogs amis.

Cordialement
http://modem-trets.blogspot.com/
Fournat Robert (votre intervention sur le blog de Chantal Portuese : Forcehyères)

Ecrit par : indépendant13 | 25.08.2009

Posons-nous la question du fond et de la forme. Et je crois que beaucoup trop d'jhommes et de femmes réagissent par ce qu'ils lisent, entendent ou voient dans les media. Par ce filtre (et le mot n'est pas trop fort), de ce que les journalistes, mais surtout les rédactions veulent bien rapporter.

Marielle n'a pas prononcé une seul fois le mot gauche, et ce n'est pas parce que les organisateurs ont une association, un courant, un club où se mot figure, que le Mouvement Démocrate ne doit pas y participer.
Je reprends l'argument que j'ai évoqué dans mon commentaire sur le blog de Chantal, Hubert Védrine a participé aux universités du MoDem l'année dernière, persone ne lui a affublé l'étiquette MoDem, (démocrate opeut-être car il l'est au sens éthymologique du terme).
Et Michel Rocard n'a jamais été taxé d'UDF... et pourtant il a participé à ses universités en 2006.

Maintenant sur la consultation des militants qui est réduit par certains au Conseil national. Premièrement le Conseil National doit-il se prononcer pour que chaque membre du BE ou chaque militant se rende à une table ronde ? Les propos de Marielle sont ceux reflétant les fondements de notre mouvement et notre positionnement depuis le début. Je ne vois aucune raison à convoquer un Conseil National pour demander l'autorisation pour que nos vice-présidents se rendent à un tel évènement.

Croyez-vous qu'un mouvement politique puisse s'affirmer et fonctionner si pour chaque intervention de l'une de ses figures de proue, il faille demander l'avis des adhérents ? Il me semble qu'au sein du MoDem les interventions de simples adhérents sur leur blogs, ou sur d'autres blogs, sur Internet, sont plus néfastes à notre visibilité qu'une participation de Marielle de Sarnez et de Jean-Luc Benhammias à un débat organisé par des membres du PS, tout comme les initiatives de certains qui se font passer pour cadres du Mouvement alors qu'ils ne représentent qu'eux mêmes.

Il est grand temps, de mûrir, et je crois que le battre Sarkozy, n'était pas le leitmotiv de Marielle de Sarnez dans son intervention. Elle esquissait plutôt le modèle de société que nous appelons de nos voeux (ce fût malheureusement celui de François Bayrou et de Jean-François Kahn pendant la campagne européennes...).

Le MoDem n'est ni à gauche, ni à droite, mais il ne pourra gérer le pays seul. Et déjà Bayrou (alors qu(il s'agissait encore de l'UDF), le disait en 2006 et 2007, qu'il fallait rassembler. Rassembler ne veut pas dire parti unique, pensée unique (beaucoup de militant le lui rappelle), rassembler c'est travailler avec des humanistes sur sa gauche et sur sa droite.

Si un membre du Bureau exécutif se rend à l'invitation d'un gaulliste, de Villepin, de Dupont-Aignan, je n'aurais pas d'autre discours. Et je suis loin de partager toutes les options de leur mouvement ou courant de pensée. Mais ils doivent être écoutés, et ils ont quelques idées en commun avec nous. Il est donc important de dialoguer. Cela ne conduit pas à des alliances, à des affiliations, à des, inféodations.

Je place votre blog dans les liens sur le mien.

Bien à vous.

Ecrit par : Michel Hinard | 25.08.2009

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