30.06.2009
Il y a 40 ans... Woodstock
Et oui, quarante ans (presque) déjà. Les 15, 16 et 17 août 1969, des jeunes utopiques se rassemblaient près de la ferme d'un certain Bob Dylan pour fêter la musique, l'amour, la paix et avec l'espoir de changer la société. Une Rav party avant l'heure. Festival payant, l'afflux de tant de hippies, a conduit à ouvrir les portes du festival gratuitement. Les promotteurs ont bu le bouillon, mais sont à l'origine d'un rassemblement, qui restera dans les annales et qui se reproduisit sur l'Ile de Wight l'année suivante.
Armstrong avait foulé le sol de la Lune 3 semaines plus tôt. La guerre faisait rage au Vietnam et de jeunes américains et des vietnamiens mourraient tous les jours, dans d'atroces conditions, le napalm, les défoliants. En France on avait déjà oublié 68, et les Français profitaient des avancées sociales des accords de Grenelle. C'était déjà la fin des trente glorieuses. Nous n'avions toujours pas la télévision à la maison. Pas pour des raisons budgétaires, mais par choix de mes parents. Finalement c'est en décembre 69 que la première chaîne fera son entrée dans la cellule familliale, suite aux essais de mon frère aîné pour réparer un vieux poste de télévision. Mais nous avions une voiture, ce qui n'était pas si répandu dans mon village normand.
Début juillet je me payais la rougeole, puis je partais, en août, en colonnie de vacances en Alsace. Ce fût à cette occasion que je découvris l'horreur suprême lors de la visite du Struthof. En juin nous avions commémoré le 25ième anniversaire du débarquement en Normandie et eu la visite du Général de Gaulle à Saint-Lô, ville martyre. A l'âge de neuf ans j'étais donc déjà marqué par l'absurdité des hommes... Sans compter, au cours des années 67-68, où mes parents me faisaient prendre conscience de la détresse, de la famine, de la guerre au Biaffra
Si je n'ai découvert Woodstock qu'un peu plus tard, les motivations de paix et d'amour de tous ces jeunes de l'époque, je les porte en moi. Et j'ai encore en tête le récit que faisait l'un de mes cousins qui, avec des copains, traversa la Manche en voilier pour assister au festival de l'Ile de Wight (il n'avait que 17 ans), l'année suivante. Et je crois que l'esprit de Woodstock était identique à celui de Wight et aux concerts de tous ces groupes au cours des années 70. Tel celui des Stones à Hyde Park pour commémorer la mort de Brian Jones en 1969, ou celui de Georges Harrisson en 1971 (?), pour venir en aide au Bengladesh.
Au delà de la musique, de l'écriture, existait un mouvement militant, épris de paix, de nature (et d'écologie ?), de solidarité et d'égalité. Un mouvement humaniste. Un mouvement qui avait raison avant l'heure. Au delà du refus de la société de consommation (qui pour beaucoup ne sera que temporaire), des idées fusaient de toutes part !
Si je réfute les drogues et autres expériences hallucinogènes qui innhibent l'esprit, je reconnais qu'un mouvement humaniste était né dans ces années soixantes, et que des jeunes femmes et hommes le concrétisaient à Woodstock. Le film de Michael Waleigh en est un vibrant témoignage (il avait comme assistant un certain Martin Scorcese). Il montre bien l'esprit de cette jeunesse.
Alors que reste-t-il de Woodstock ? Nombre de hippies se sont rangés, ont évolué. Mais les idées d'humanisme qu'ils portaient, sont toujours vivantes. Et doivent être opposées au conservatisme et à l'ultra-libéralisme économique. L'esprit Woodstock était libertaire, mais non libéral au sens économique. Si je ne partage pas toutes les thèses de l'époque, en tout les cas, améliorer la société, qu'elle soit plus juste, plus solidaire (et cela au niveau mondial, pas seulement au niveau de mon pays et nous en sommes très loin), est le moteur qui m'a fait m'engager en politique.
D'ici le 15 août, date anniversaire de Woodstock, et fête de ma fille, je publierai régulièrement des articles et vidéos de ce magistral rassemblement, pour se souvenir.
40 ans déjà...
Pour commencer, Ten Years After avec son guitariste chanteur, Alvin Lee, oublié depuis, mais grand du Blues Rock !
22:21 Publié dans Musique, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : woodstock, humanisme, démocratie, modem, mouvement démocrate, hendrix, csn, who, joplin, baez |
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Commentaires
Merci ! Pour l'article, pour l'engagement, et pour perpétuer l'esprit. Le combat continue.
Écrit par : Xavier | 01.07.2009
Répondre à ce commentaire@Ten Years After
@Forty years after...
C'est une époque qui a été comme les grands arbres qui balancent leurs cîmes parmi des chemins perdus,puis retrouvés, puis perdus de nouveau ,puis blêmes...On rêve aussi d'atteindre une chimère du mieux vivre et de s'en emparer mais malheureusement la vocation d'une chimère c'est de la voir s'évanouir...Alors le son de la guitare d'Alvin Lee se défait dans le soleil de l'oubli...
Pierre
Écrit par : ulm pierre | 01.07.2009
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