30.08.2007
« Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant : l’Europe, l’Europe, l’Europe… »
Cette remarque célèbre du Général de Gaulle, répondant à Michel Droit lors de la campagne présidentielle de 1965, on pourrait me l’appliquer. Il me semble même qu’elle s’appliquait à l’UDF et maintenant à l’UDF – Mouvement Démocrate.
Oui l’Europe est une valeur, et je dis bien valeur, pour moi. Je ne pense pas me tromper en pensant que c’est une valeur de l’UDF - Mouvement Démocrate. Que nous soyons qualifiés de cabris sauteurs, peu m’importe.
Cette idée, elle est née chez deux hommes qui refusaient de revoir les sombres années de la seconde guerre mondiale et qui ont pensé que c’est par la coopération des peuples que nous pourrions éviter les guerres. Ces deux hommes politiques, Jean Monnet et Robert Schuman, membres du MRP (démocrates chrétiens), ont imaginé que si une coopération économique et militaire se créait entre les différents pays européens, il ne pourrait plus y avoir de guerres.
Mais là n’était pas leur seule motivation et le but final était bien pour eux une Europe politique.
Et cette idée a trouvé des échos en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Belgique et au Luxembourg. La communauté du charbon et de l’acier était née. Celle de la défense n’a pas vu le jour dès le départ car la France a été frileuse sur le réarmement de l’Allemagne et la coopération de défense européenne a du attendre l’ère Giscard-Mitterrand pour voir le jour.
En 1957 est née la Communauté Economique Européenne par la signature du Traité de Rome. L’Europe économique était née, et elle est restée longtemps sur le seul plan économique en se polarisant particulièrement sur les aspects agricoles.
Dès ces années là des mouvements français ont souhaité aller plus loin (Centre Démocrate, Parti Radical, Centre Républicain, PDS, PLE) qui se retrouvèrent tous au Mouvement des Réformateurs en 1973, puis dans l’UDF dès 1978. Pour eux l’Europe devait être aussi politique. Ils ont été rejoints, dans cette idée, par les socialistes et les radicaux de gauche qui, une fois au pouvoir, ont continué l’action européenne de leurs prédécesseurs.
Schmidt et Giscard, avec l’appui et l’aide de Raymond Barre, ont fait beaucoup pour démocratiser les institutions européennes, et instaurer les élections au suffrage direct du Parlement Européen.
Raymond Barre a grandement contribué à la monnaie unique en plaidant, en tant que commissaire européen de 1967 à 1973, pour un système monétaire européen, puis sous la Présidence de Giscard en favorisant la création de l’ECU. François Mitterrand poursuivra ce travail avec Helmut Kohl en créant l’Euro, qui verra son apparition réelle sous le premier septennat de Jacques Chirac. Qu’il en a fallu du temps !
Parallèlement, l’UDF, mais aussi une frange du parti socialiste, ont toujours prôné une Europe plus politique, plus sociale. Une défense européenne s’est mise en place par la création de l’Eurocorps, mais c’est encore très timide. L’éducation a vu un embryon se former avec le programme Erasmus, mais pas assez ambitieux. Et du social, des problèmes fiscaux ? Peu d’avancées…
Peu d’avancées, car l’Europe s’est élargie pendant tout ce temps, et nombre de pays ayant rejoint y voyaient surtout les avantages économiques (Royaume-Unis entre autre), et n’avaient pas l’intention d’aller plus loin.
Alors l’Europe est en panne. Elle est en panne parce que les aspects économiques en sont l’essentiel et que l’Europe politique et sociale pose problème dans la mesure où :
· certains pays n’y sont pas favorables,
· la disparité entre les régimes sociaux et fiscaux, due à l’élargissement, est très forte.
Alors devons-nous abandonner ? Devons-nous laisser encore s’élargir cette Europe sur les seuls critères économiques ?
Non !
Il est primordial de relancer l’Europe politique en prenant en compte les aspects sociaux, de santé, d’éducation, culturels, fiscaux et environnementaux.
Il est évident que cela ne peut pas se faire à 27 pays, trop d’intérêts divergents. Non, il faut revenir aux sources, que les pays volontaristes sur ces plans s’associent.
Il existe déjà trois cercles en Europe :
· celui économique et politique (encore que mais le Parlement est tout de même un organe politique), les 27 pays de l’Union,
· celui de Schengen (tous les pays n’ont pas ratifié ces accords, et certains, n’appartenant pas à l’U.E., l’ont fait, l’Islande par exemple),
· celui de la monnaie unique, communément dénommé la zone Euro.
Alors pourquoi ne pas créer un cercle, restreint, de pays souhaitant progresser plus loin et plus vite vers :
· une harmonisation de la fiscalité,
· des programmes culturels,
· une harmonisation sociale (par le haut),
· des accords et un renforcement entre les systèmes éducatifs (une réelle reconnaissance des diplômes par exemple),
· la mise en place d’une politique étrangère commune,
· un renforcement et une coopération accrue de nos systèmes judiciaires,
· une politique environnementale et de développement durable et soutenable commune,
· une politique commune de santé et de prévention des risques.
Ce cercle pourrait être constitué des pays fondateurs et volontaristes et clairement intégrés (je pense particulièrement à la péninsule ibérique, l’Irlande, l’Autriche, peut être des pays scandinaves). Il sera peut être nécessaire de commencer ce noyau dur avec 3 ou 4 pays. Après nous rejoindrons les plus volontaristes.
Il me semble que c’est la seule façon de redémarrer la construction européenne. Mais pour quoi faire me direz-vous ? Et bien parce que dans notre monde en perpétuelle évolution, dans notre monde qui devient village, chacun de nos pays, porteurs de valeurs humanistes séculaires, ne peuvent plus se faire entendre. C’est en associant nos forces que nous pourrons peser :
· pour une mondialisation plus juste,
· pour un co-développement avec les pays pauvres,
· pour préserver la planète,
· pour la paix dans le monde ,
face aux pays comme les Etats-Unis, la Russie, la Chine ou l’Inde.
Depuis 1945 il n’y a pas eu de guerre en Europe. Nous pouvons déplorer les évènements de l’ex-Yougoslavie mais qui sont dus justement au fait que ce pays et ces nations sont restés figés derrière le rideau de fer. Si, à l’époque, l’Europe avait eu ce pouvoir politique qu’elle n’a toujours pas mis en place, peut être aurions-nous pu peser beaucoup plus dans ce conflit et en éviter les conséquences tragiques.
Alors oui, dans l’intérêt général supérieur de la planète, nous nous devons de construire cette Europe qui n’est qu’une étape vers un monde apaisé et plus juste.
Michel Hinard
15:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : Europe, UDF, MoDem, Mouvement Démocrate, espoir |
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